Timkat, une fête religieuse haute en couleurs

Le patriache en tête de la procession amenant les tabots au point d'eauL’Ethiopie est, en majorité, de confession chrétienne orthodoxe. Timkat, qui a lieu le 19 janvier, est la plus importante des fêtes religieuses éthiopiennes. Elle est à la fois fastueuse et pittoresque. Un autre regard sur l’Ethiopie pour le voyageur : celui d’une célébration entre ancien et nouveau testament, par un peuple très fervent.

Timkat célèbre le baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean-Baptiste et c’est également le jour de l’Epiphanie éthiopienne. Cette fête se déroule sur trois jours et suit le calendrier copte éthiopien. C’est une fête fastueuse où les fidèles, vêtus de blanc, offrent un contraste saisissant avec les riches velours, satins et broderies des vêtements et accessoires d’apparat des prêtres qui officient.

Les prêtres portent sur leurs têtes les "tabots", répliques de l'Arche d'Alliance. Celles-ci ne sortent qu'une fois l'an, à l'ocasion de Timkat.

Les prêtres portent sur leurs têtes les « tabots », répliques de l’Arche d’Alliance. Celles-ci ne sortent qu’une fois l’an, à l’occasion de Timkat.

 Son déroulement : 

La veille de Timkat, le jour du « Kebra » les prêtres sortent les tabots des églises. Ces répliques de l’Arche d’Alliance quittent en grande pompe les églises où habituellement elles sont conservées hors des regards. Les tabots, enveloppés de tissus richement décorés, sont portés en procession sur la tête des prêtres vers le plus proche point d’eau, suivis par la foule des fidèles.

les fidèles se vêtissent de blanc, couleur de pureté pour suivre la procession des prêtres.

les fidèles se vêtissent de blanc, couleur de pureté pour suivre la procession des prêtres.

 L’Arche d’Alliance, Aron ha ‘Ebout en hébreu, est l’Arche du témoignage. Ce serait, selon les écrits, un coffre de bois long, aux coins arrondis, recouvert d’or. Il contient les tables de la Loi données à Moïse au Mont Sinaï. Les Dix commandements.

La description de l’Arche se trouve dans la bible : récit de l’Exode, chapitre 25, versets 10 à 21, dont voici un extrait : Ils feront donc une arche en bois d’acacia, longue de deux coudées et demie, large d’une coudée et demie, haute d’une coudée et demie. Tu la plaqueras d’or pur ; tu la plaqueras au-dedans et au-dehors et tu l’entoureras d’une moulure en or. Tu couleras pour elle quatre anneaux d’or et tu les placeras à ses quatre pieds […]. Tu placeras dans l’arche la charte que je te donnerai.

L’Arche est sujette à faire couler beaucoup d’encre. Selon l’Eglise orthodoxe éthiopienne, Ménélik Ier, fils de Salomon et de la reine de Saba, l’aurait amenée avec lui, dans son pays. Elle reposerait actuellement à Aksoum sous la protection d’un gardien.

 

Dans une ambiance de prières, de chants et de danses, les tabots sont accompagnés, en procession, jusqu’à une tente érigée à leur intention pour la nuit, à côté de l’eau symbolique. Les prêtres et les diacres aux habits chatoyants et parasols brodés, la foule des fidèles en liesse, ajoutent au pittoresque et à la solennité de l’événement. Le cortège est haut en couleurs, en piété et en joie. Arrivés au point d’eau, les tabots sont déposés sous la tente. Le corps religieux de la procession poursuit ses prières et ses psalmodies en préparation du lendemain, le Timkat, tandis que les fidèles prennent part à la veillée, jusqu’à l’aube, en jeûnant, chantant et dansant à la lumière de torches et de bougies de suif. Ils forment une foule immense et réjouie. Au petit matin, le jour de Timkat, à l’aurore, les officiants bénissent les eaux, par dévotion pour le baptême du Christ.

 

le point d'eau le plus proche est choisi pour la bénédiction

le point d’eau le plus proche est choisi pour la bénédiction

Sous la conduite d'un patriarche, les tabots regagnent les églises.

Sous la conduite d’un patriarche, les tabots regagnent les églises.

 

Cette bénédiction achevée, le patriarche religieux, plonge une croix d’argent ou dorée dans le bassin et asperge les fidèles pour renouveler symboliquement leurs vœux de baptême. Dans un tumulte indescriptible, ceux-ci se ruent alors autour du bassin afin de recevoir leur part de cette pluie bénite. Certains sautent dans l’eau, d’autres en emplissent des récipients pour les malades et les personnes âgées qui n’ont pas pu se joindre à la fête. D’autres encore se rapprochent des baigneurs en joie pour se faire éclabousser par l’eau divine. A l’issue de la cérémonie, les tabots regagnent les églises, en procession comme à l’aller, avec leurs cortèges de religieux et de fidèles, aux rythmes des chants et des danses et des Dabtaras frappant la mesure avec leurs bâtons de prière, rappelant les rites de l’Ancien Testament.

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